quinta-feira, 9 de junho de 2016



   L'état d'Ernest est grave, mais stationnaire. Le médecin qui vient l'examiner le questionne sur les secrets de son écriture et Ernest lui répond. Lorsque Ernest dit que le silence st préfárable à la parole, le médecin s'étonne: Qu'apporte le silence, et pourquoi est-il préférable à la parole, qui fait le lien entre les hommes?
- Le silence est l'expression absolue, dit Ernest.
- Mais il reste muet", dit le médecin, heureux d'avoir trouvé les mots justes.
   Il lève la tête, observe Ernest et pense: Cet homme est si malade, et pourtant il n'est pas perdu dans le monde. Il ne prêche pas, ne fait pas semblant d'être un érudit, il travaille, et est heureux dans son travail.
   Il semble à Iréna que l'humeur d'Ernest est stable à présent et que ses pensées sont tranquilles. Il ne renonce pas à s'asseoir à son bureau. Dès qu'Iréna croit apercevoir l'ange de la Mort tapi près de la fenêtre, elle se lève et la chasse, comme on chasse un oiseau de proie.
   Ils passent des heures assis, ensemble, et se taisent la plupart du temps. Iréna est à présent plus sûre que jamais que la vie d'Ernest se poursuivra bien au-delà de ce printemps au ciel clair et à la douce chaleur qui se fondra dans l'été, et de là vers l'automme et l'hiver, pour revenir encore.
   Lorsque Ernest écrit une phrase, il aspire de toutes ses forces à lui donner la forme la plus achevée. S'il est satisfait d'un passage ou d'une page, son visage s'éclaire. Iréna connaît chaque signe de cette joie qui le rajeunit d'un coup.
   Plus que jamais importe à Ernest que son écriture soit claire, ordonnée, sans quoi que ce soit de superflu, ni d'exagéré (...).
   Mais à présent Iréna est avec lui. Sa présence est la porte vers la vie. Près d'elle, chaque mot recherché ou précieux semble gtossier. À présent il n'emploie que des mots à l'intérieur desquels on peut voir, des mots qui n'ont pas un double sens, que l'on peut poser comme une tranche de pain ou un pot de lait.


  Appelfeld, Aharon. L'amour soudain. S/c.: Éditions de l'Olivier/ Le Seuil, 2004, pp. 203 - 205.
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quarta-feira, 8 de junho de 2016


Tous ces noms, ce passé chaque jour plus profond, toutes ces gloires enfiévraient ma rêverie. Marcel complétait ainsi sa leçon du premier soir de retour à Port-Vendrtes. Mon univers se peuplait de dieux, de légions couronnées, de pirastes, arabes, d'impératrices malheureuses. Mais je ne savais pas encore comment fonctionnait le télégraphe ou le phare à miroirs. Poutant, c'était au phare peint en rouge que je venais souvent retrouver Marcel. Il y avait été retenu par son travail et je frappais sans aucune timidité à la porte de la maison du gardien. L'ingénieur y avait un lit de camp dressé dans la salle commune. Quand j'arrivais, Marcel était penché sur la table de bois blanc et couvrait un cahier de petites lignes. (...) J'appris ainsi à lire peu à peu la bonté, la prévenance, l'affection, sans le secours de la parole ou les expressions d'un visage dont les traits demeuraient immobiles. Quand Marcel avait terminé son rapport et moi mon dessert, nous sortions tous les deux et nous visitions les criques minuscules qui sont autant de plages secrètes et parfaites avant l'arrivée à Banyuls. (...) Cependant, j'átais assis au bord de la table, le visage appuyé à mes deux mains. J'avais appris du gardien de phare et de tous les gens de ce pays le contrôle de mes nerfs. Mais ce n'átait pas comme eux, la bonté, la gentillesse, que je masquais à mon tour. Sous le regard d'un enfant sage et charmé, je dérobais à mon ami, échauffé par sa lecture, ma méfiance, un léger mépris, les pires sentiments de mon coeur.


   Fraigneau, André. La grace humaine. Monaco: Editions du Rocher, s/d., pp. 86 - 89.
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segunda-feira, 6 de junho de 2016



Je pris peur soudain pour mon voisin de l'aveu trompeur de ces larmes. C'est que je commençais de penser à lui comme à moi-même. Cette nouveauté me débarrassa de mes maladresses. Il ne s'agissait plus d'échafauder quelque projet d'évasion romantique, mais de courir au plus pressé. Ce n'était pas si facile. La seule fenêtre par laquelle le soleil prolongeait son suplice direct était la dernière du couloir à l'autre bout du wagon et je ne voulais pas donner à l'aide que je venais d'imaginer l'attention d'aucun voyageur ni surtout celle, je l'espérais bien, de celui que je voulais secourir. D'ailleurs, ce dernier nous avait-il même aperçus, mon camarade et moi, depuis notre venue? Je me levai, je franchis le paquet de bavards tassés dans l'ombre, je flânai debout aux portières du couloir. Les marais, devant moi, continuaient de s'étendre; j'en avais toujours aimé la grande platitude stérile qui se couvre de phosphorescences chromatiques et puis se plombe, à la fin du jour, se gâte, enfin vit et meurt comme une perle. Mais ce soir, avec mon nouveau coeur, avec le coeur d'un autre, celui d'un fugitif rattrapé, je détestais cet écran si net qu'une silhouette humaine s'y distingue à des lieues (...) j'en abaissai le rideau bleu au chiffre de la compagnie. C'était toute la nuit que je pouvais faire. Je revins à mon compartiment les mains ballantes, inutiles, ouvertes. J´étais encore debout audessus des gendarmes et des comparses que je venais de contribuer à assombrir. Alors, le prisonnier qui n'avait pas remué depuis deux heures tourna la tête de mon côté. Je reçus son regard où il n'y avait plus de larmes (...). Sa bouche tendue se deserra. Je vis l'effort de la pomme d'Adam un peu saillante au-dessus de son col. Puis ses lèvres s'ouvrirent. Il me sourit. Je ne suis pas près d'oublier ce sourir-là. Enfin, sa parole: "Merci", dit-il.


  Fraigneau, André. La grâce humaine. Monaco: Editions du Rocher, s/d., pp. 26 - 27.
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sábado, 4 de junho de 2016



         "  XXI  "


Não te machuque a minha ausência, meu Deus,
Quando eu não mais estiver na Terra
Onde agora canto amor e heresia.
Outros hão ferir e amar
Teu coração e corpo. Tuas bifrontes
Valias, mandarim e ovelha, soberba e timidez.

Não temas.
Meus pares e outros homens
Te farão viver destas duas voragens:
Matança e amanhecer, sangue e poesia.

Chora por mim. Pela poeira que fui
Serei, e sou agora. Pelo esquecimento
Que virá de ti e dos amigos.
Pelas palavras que te deram vida
E hoje me dão morte. Punhal, cegueira

Sorri, meu Deus, por mim. De cedro
De mil abelhas tu és. Cavalo-d'água
Rondando o ego. Sorri. Te amei sonâmbula
Esdrúxula, mas te amei inteira.


  Hilst, Hilda. Poemas Malditos, Gozosos e Devotos. São Paulo: Editora Globo, 2011, p 63.
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sexta-feira, 3 de junho de 2016



                  "  X  "

Atada a múltiplas cordas
Vou caminhando tuas costas.
Palmas feridas, vou contornando
Pontas de gelo, luzes de espinho
E degredo, tuas omoplatas.

Busco tua boca de veios
Adentro-me nas emboscadas
Vazia te busco os meios.
Te fechas, teia de sombras
Meu Deus, te guardas.

A quem te procura, calas.
A mim que pergunto escondes
Tua casa e tuas estradas.
Depois trituras. Corpo de amantes
E amadas.

E buscas
A quem nunca te procura.


  Hilst, Hilda. Poemas Malditos, Gozosos e Devotos. São Paulo: Editora Globo, 2011, p. 37.
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Nota - Poemas malditos, gozosos e devotos é o último volume da poesia completa de Hilda Hilst que a Globo publicou. É um livro integralmente preenchido por poemas que interpelam diretamente Deus, no entanto, esta interpelação à divindade é mediatizada, não por uma contemplação espiritualizada, mas pelo desejo e pelo corpo, daí o próprio título da obra.
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quarta-feira, 1 de junho de 2016



     A coleção contramaré , da Editora Labirinto, coordenada por Victor Oliveira Mateus e Daniel Gonçalves apresentará no próximo dia 18, pelas 22:00H, na "Barraca" em Santos, o seu próximo número: Pornographia de Cláudia Lucas Chéu. A apresentação estará a cargo de Miguel Real. Os textos serão ditos pelo ator Albano Jerónimo e pela poeta Maria Quintans. Da festa encarregar-se-á a DJ Mag Rodrigues...

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Números já publicados pela contramaré e que podem ser adquiridos diretamente à Editora ou encomendados: em Lisboa na "Pó dos Livros", "Ferin" e "Bulhosa"; no Porto na "Fnac" (Santa Catarina); em Braga na "Centésima Página"...

Nº 1 Temor Único Imenso de Rui Almeida
Nº 2 Todos os Pecados do Mundo de Cecília Barreira
Nº 3 Vida Breve de Amadeu Baptista
Nº 4 Da Eterna Vontade de Inez Andrade Paes
Nº 5 Ofício de Transparências de Maria José Quintela
Nº 6 A Língua de Esperanto dos Pássaros de Isabel Aguiar
Nº 7 Vida sem Demão de Paulo Pego
Nº 9 Corpo Contínuo de Maria José Quintela


No Prelo:

Nº 8 Tristes Tópicos de José Jorge Letria
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terça-feira, 31 de maio de 2016





   " A Fotografia de Narciso  "

Trago a memória o rosto
Trago, roubados a retina os espelhos
Trago do cântico as cores do profuso negro
Da melodia vibrante o raso silêncio.
Lembro-me, esqueceste-te
Vi, vejo o que não viste no momento que viveste
Tiro a alma dizem os índios
- Apenas carrego a luz, um mito inútil
Na verdade, indistinguível podem copiar-me
Copiam. Copiam-me até ao infinito
Como um espelho face a outro.
Eu absorvo, retenho. O espelho explode.
Por isso gasto-me como tu, Narciso.
Vivo até
À última cópia. Não respiro, permaneço.

Tu respiras, morres. Eu pereço.


  André Alves in "Apócrifa" Nº 5, Fevº 2016, p. 19.
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segunda-feira, 30 de maio de 2016

Nota - não conhecia esta publicação, que me foi oferecida por um importante crítico literário com um: "Toma, lê!" E eu li. Li e gostei. Na impossibilidade de me alargar demasiado, postarei/ divulgarei apenas dois dos autores que constam da dita Revista.
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   " Intempéries a dois "

Calo-me,
Espero até que a memória sucumba de si
e o meu gesto e o meu corpo
sejam impressões de algum incêndio
até que se incinerem as bocas todas
e se faça de alguma palavra uma casa
para morrer.


  Tristan A. Guimet in "Apócrifa" Nº 5, Fevº 2016, p. 12.
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domingo, 22 de maio de 2016



                                    Herrad von Landsberg ( von Hohenbourg)


(fl 1160-70; d Hohenbourg, Alsace, 25 July 1195). German writer and ?illuminator. She was Abbess (1167-95) of the convent of Ste Odile in Hohenbourg. She is best known for writing (c. 1175-95) a complex pictoral encyclopedia in Latin called the HORTUS DELICIARUM (Garden of delights), a compendium of medieval learning intend for the women in her convent. This encyclopedic work covered biblical, moral and theological material. It was accompanied by hundred miniatures that depicted biblical scenes, allegorical figures and gardening hints, as well as a portrait of Herrad with the nuns of Hohenbourg. Refering to herself metaphorically as a bee, she described the book in the following way: "I drew from many flowers of sacred and philosophic writing this book... and have put it together to the praise of Christ and the Church, and to your enjoyment". The original manuscrit was destroyed by fire at the municipal library of Strasbourg during the city's bombardment in 1870, but there survive notes and line drawing copies of the illustrations made by scholars in the 19th century before its destruction. Since there is a close relationship between text and image, it has been seggested that Herrad participated directy in the illustration; however, this is by no means certain. Manuscripts that emphasized the illustrations were unusual at the time, and the Hortus deliciarum, along with Hildegard of Bingen's Scivias (1140s), was considered innovative in the 12th century. Harrad was an active teacher and a model figure in her community of women. The Hortus deliciarum is considered to have influenced the Alsace school of painting.
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http://www4.artnet.com/librayry/03/0378/T037828.asp  , que reproduz The Grove Dictionary of Art ,
Macmillan Publishers Limited, 2000.
Podem consultar também:
- Landsberg, Hortus Deliciarum (garden of Delights), 1975.
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- G. Games, Allegories et Symbols dans l'Hortus Deliciarum, 1997.
- R. Green, Herrad of Hohenbourg: Hortus Deliciarum, London, 1979.
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sexta-feira, 13 de maio de 2016



      " LXX "

Poeira, cinzas
Ainda assim
Amorosa de ti
Hei de ser eu inteira.

Vazio o espaço
Que me contornava
Hei de estar ali.
Como se um rio corresse
Seu corpo de corredor
E só tu o visses.
Corpo do rio? Sou esse.

Fiandeira de versos
Te legarei um tecido
De poemas, um rútilo amarelo
Te aquecendo.

Amorosa de ti
VIDA é o meu nome. E poeta.
Sem morte no sobrenome.


  Hilst, Hilda. Cantares. São Paulo: Editora Globo, 2012, p. 107.
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quinta-feira, 12 de maio de 2016


        "  LII  "


Eu era parte da noite e caminhava
Adusta e austera
Sem luz e aventurança.
Tu eras praia e dia
Um fogo branco
O rosto da montanha sobre a terra.

E juntamos a treva
Ao mar do meio-dia.
Cristas aguadas, pontas
Trilhas fosforescentes
Na vastidão das sombras

Mas um instante apenas.

Porisso é que caminho como antes
Adulta e austera.
Acrescida de véus me mostro aos viajantes:
Vês a mulher, aquela?
Dizem que a cara é de caliça e pedra.
Que a luz das ilusões passou por ela.


  Hilst, Hilda. Cantares. São Paulo: Editora Globo, 2012, p. 89.
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terça-feira, 10 de maio de 2016


    " XXXVIII "

Toma-me ao menos
Na tua vigília.
Nos entressonhos.
Que eu faça parte
Das dores empoçadas
De um estendido de outono

Do estar ali e largar-se
Da tua vida.

Toma-me
Porque me agrada
Meu ser cativo do teu sono.
Corporifica
Boca e malícia.
Tatos.
Me importa mais
O que a ausência traz
E a boca não explica.

Toma-me anômima
Se quiseres. Eu outra
Ou fictícia. Até rapaz.
É sempre a mim que tomas.
Tanto faz.


    Hilst, Hilda. Cantares. São Paulo: Editora Globo, 2012, p. 72.
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Nota - Cantares é o terceiro volume da obra poética completa de Hilda Hilst e é composto por dois livros publicados em momentos distintos: Cantares de perda e predileção (1983) e Cantares do sem nome e de partidas (1995).
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segunda-feira, 9 de maio de 2016



     " Na televisão, "

inundações num país do terceiro mundo,
guerras nos sítios de sempre,
o presidente francês afinal tem uma amante:
pretextos para não me lembrar da tua cara
enquanto faço do meu sofá um trono.

Aventuras de um homem só,
memória-gume.


  Erlich, David. Emergente, Novos Poetas Lusófonos. Lisboa: Livros de Ontem, 2015, p. 47 (Coordenação de Samuel Pimenta).
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sexta-feira, 6 de maio de 2016


   "  Farrapos  "

Ó céu esmagador, tu que cresces cada dia,
Já vejo ecoar nas nuvens agoniadas
O fedor da anorexia!

E sangra ainda o esqueleto,
Destapando cada galho,
Cedendo a uma sem tecto o tapete vermelho.

E enquanto ando, levanta-se-me a saia,
Como se o solo exalasse suspiros de abandono
A cada meu passo, na carnificina do Outono.


  Rupp, Ariana. Emergente, Novos Poetas Lusófonos. Lisboa: Livros de Ontem, 2016, p. 37 (Coordenação de Samuel Pimenta).
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quinta-feira, 5 de maio de 2016



    " Ascensão ao desespero "


Em tempos deixava a miséria
pousar sobre o meu ombro,
o aconchego duma velha amiga
que voltou de férias para ficar
sem previsão de tempo para a estadia.
E eu sorria porque era só isso que sabia,
recebê-la de braços abertos.

Nada me contenta;
Sair deste movimento de ascensão ao desespero
é sair do sítio no qual morei tanto tempo
mas que nunca chamei casa.
Deixar a voz morrer na garganta
por nunca poder ter palavras minhas,
arrancadas num ciclo interminável
de dar e perder tudo.

Enquanto nadava contra a maré
mas me fundia com ela
numa constante indignação conformada
para um abismo cada vez maior dentro de mim,
puxavas-me com tanta força que tenho medo
que me largues a mão e não me apanhes,
como todos os que juraram mas partiram.


   Cunha, Ana. Emergente, Novos Poetas Lusófonos. Lisboa: Livros de Ontem, 2016, p. 23 (Coordenação de Samuel Pimenta).
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terça-feira, 26 de abril de 2016


( A minha versão da tradução que Silvia Baron Supervielle fez de um poema de Alejandra Pizarnik):


    "  Poema  "

Tu escolheste o lugar para a ferida
onde agora falamos através do nosso silêncio.
Fizeste da minha vida
esta cerimónia demasiado pura.


  Pizarnik, Alejandra. Oeuvre poétique. Arles: Actes Sud, 2005, p. 121 (tradução minha).
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les yeux
parlent ou juste
yeux qui s'ouvrent
rejettent le surplus
yeux
non mots
yeux
non promesses
je travaille avec mes yeux
à construire
à réparer
à reconstruire
quelque chose de semblable à un regard humain
à un poème d'homme
à un chant lointain de la forêt


   Pizarnik, Alejandra. Oeuvre poétique. Arles: Actes Sud, 2005, p 270 (traduit par Silvia Baron Supervielle ).

domingo, 24 de abril de 2016



                 "  Poème  "


Tu choisis l'endroit de la blessure
où nous parlons notre silence.
Tu fais de ma vie
cette cérémonie trop pure.


   Pizarnik, Alejandra. Oeuvre poétique. Arles: Actes Sud, 2005, p. 121 (traduit par Silvia Baron Supervielle).
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sexta-feira, 22 de abril de 2016



rien que la soif
et le silence
nulle rencontre

prends garde mon amour prends garde
à la silencieuse dans le désert
la voyageuse au verre vide
prends garde à l'ombre de son ombre


 Pizarnik, Alejandra. Oeuvre poétique. Arles: Actes Sud, 2005, p. 73 (traduit par Claude Couffon).
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quinta-feira, 21 de abril de 2016


       "  L'amoureuse "

cette lugubre manie de vivre
cette obscure extravagance de vivre
t'entraîne alejandra ne le nie pas.

aujourd'hui tu t'es regardée dans la glace
et ce fut triste tu étais seule
la lumière hurlait l'air chantait
mais ton aimé n'est pas revenu

tu enverras des messages tu souriras
tu agiteras tes mains ainsi il reviendra
ton aimé tant aimé

entends-tu la démente sirène qui l'enleva
le bateau aux barbes d'écume
où moururent les rires
te souviens-tu de l'ultime étreinte
ô pas d'angoisses
ris dans le mouchoir pleure aux éclats
mais ferme les portes de ton visage
pour qu'après on ne dise pas
que cette femme anoureuse c'était toi

les jours te rongent
les nuits t'accusent
la vie te fait tant tant de mal
désespérée, où vas-tu?
désespérée, c'est tout!


   Pizarnik, Alejandra. Oeuvre poétique. Arles: Actes Sud, 2005, p. 25 (traduit pas Silvia Baron Supervielle )
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Nota - esta obra pertence à coleção Le cabinet de lecture coordenada por Alberto Manguel.
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quarta-feira, 13 de abril de 2016



     "  privação de nada "

E eu disse para comigo, nada me tolhe,
nada tenho que me preencha o corpo,
a língua sem um gosto que a molhe.

Ainda ontem, ontem ainda,
quando descia a rua em forma de montanha que me levava ao fim,
ao beco sem saída, uma mulher muito nova, e já com uma criança, dizia-me
"a rua acaba logo ali", porque eu caminhava só,
e àquela hora ainda não passava ninguém nas ruas,
muitas camas estavam quentes ainda.

As pedras ficaram menos lisas neste meu quase último passeio,
poliam-me o olhar, as pedras, enquanto eu segurava o rosto,
naquele equilíbrio entre um rés-do-chão devassado
e um cego pela manhã mendigando no seu posto.

Não fora o sorriso da mulher muito jovem,
(talvez de vinte anos, a pele muito branca,
cabelo castanho e liso, pintado como se fosse a meia idade)
e perdia-me a olhar aquela caixa de esmolas
que abrigava pássaros tardios.

A mulher muito jovem segurava uma boneca
como se a quisesse proteger do vento,
calçava chinelas, vestia uma saia curta,
e era nessa mesma saia que uma menina de dois anos
se agarrava com desmedida força, presa ao mundo
num pedaço de pano. E eu sorrio em segredo,
(Daquela idade lembro-me do lenço vigoroso
da minha mãe a assoar-me o medo.)

    
  Ferra, António. A Palavra Passe. Porto: Campo das Letras Editores, 2006, pp. 57-58.
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segunda-feira, 11 de abril de 2016


   "  canalização  "

Domino a infiltração que me perturba,
imagino o prazer da cama seca à espera de
algum canalizador a olhar obra futura com desdém,
há fuga de água, há ar a mais, é preciso calafetar a alma,
não vá sair de chofre o sopro que a sustém.

Tento consertar os canos,
esgotos de mim mesmo propagados pela casa,
o resto pouco importa, é o resultado dos anos.
Que é isso do poema feito no jogo da palavra barroca,
cultismo de circunstância sem lugar para
infiltrações ou para qualquer ratazana saída da toca
obstruindo a casa onde respiro e esqueço detritos
num banho de alfazema?

Não há canalizador que me valha,
estão todos ocupados com serviços importantes, urgentes até,
e eu que me arranje,
que escreva metáforas aos canos apodrecidos pelo tempo
onde sempre correu água turva por onde se esgueirou
o que sobra de mim, ao fim do dia,
não toda essa merda conspurcando enunciados, não,
antes aquela inventada para dar lugar a outra, que sobrou
por contraste, sacrifício, teimosia.

Como era bom agora uma esplanada junto ao mar,
ouvir outra água sem saber de nada, esquecer a tubagem,
tomar batidos de leite e nata com morango, sorver o café,
percorrer uma gaivota na praia com o olhar, sentir uma aragem,
pôr fim à porcaria dos poemas encharcados de quotidiano
até cheirar mal, e depois dizer "então, como é?
Que chatice! Que é que eu vou fazer,
quem é que me vem consertar o raio do cano?"

Está roto e não há quem o remende, quem o troque por outro
asséptico e novo para durar a eternidade, sem pruridos,
como se os canos não se gastassem, e as juntas,
as ligações estranhas que fazemos sem saber porquê,
sem saber que somos infiltrados e à nascença entupidos,
até dizer basta!, quero respirar, quero escrever o que me vem
à cabeça com todos os sentidos,
depois logo se vê.


  Ferra. António A Palavra Passe. Porto: Campo das Letras Editores, 2006, pp. 27 - 28.
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sexta-feira, 8 de abril de 2016


      " XXXVIII "


Ni va ni vuelve
cuando el pájaro
            vuela por volar
                        cuando vuela
                                      por ser su vuelo.

Cuando se camina sin ir
           cuando el olvido
                       borra la sombra
                                entregarse es un saber
                                          y el abandono una danza.


    Mujica, Hugo. Cuando todo calla. Madrid: Visor Libros, 2013, p. 54.
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quinta-feira, 7 de abril de 2016



                            XXII

Algunas huellas
        no son de pasos
                    son de ausencias,
                                    no trazan, borran;

                          son el atajo hacia el final,
                                              son las que nos salvan
                                                                         del regreso.


   Mujica, Hugo. Cuando todo calla. Madrid: Visor Libros, 2013, p. 36.


Nota - Livro vencedor do "XIII Prémio Casa de América de Poesia Americana".
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quarta-feira, 6 de abril de 2016


Numa Buisenes School manifesta-se o Know How
que ultrapassa qualquer Dead Line a Low Cost.


Os olhos do anglicismo
Entram sem pedir licença
Ao jardineiro da língua
Na extensão da terra firme

E plantam todos os cardos
Ferindo a compreensão
Das nossas pontes em flores
Boca a boca de abundância
Num jardim feito de séculos
Que de mercado em mercado
Se rendeu aos compradores

    Puga, Ana Maria. Re-Cantos de Olhar. Fafe: Editora Labirinto, 2016, p. 44.
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segunda-feira, 4 de abril de 2016


       " Único encuentro  "

                   IV

De nuevo frente a frente
como recién nacidos
que aprenden a mirar
en la mirada lúcida del otro
infringes la aduana de mi cuerpo
con el hábito límpido del aire
eludes el confín
sin pausas de gendarmes ni requisas
corzas blancas que expulsan las colinas
y este doble retozar para eximirmos
de una deuda arcaica

estás conmigo en mí estoy contigo en ti no existe
               otra certeza más pura que este instante

Lo que dura es la arena
el sótano de savia de las hojas.
Con un reloj te irás como llegaste
a esta batalla de fábulas perdidas.

En la última estación
me embiste el autobús de los adioses.
Los líquidos se empiezan a enjugar. Las horas
acaban de cumplirse. Empiezo
a recoger mis pétalos caídos por el cuarto
una hebilla
un zapato
el recato partido en seis mitades
la vista, el olfato y sus contornos.

El rito de la higiene en un salón contiguo.

Dulce y violenta intersección
Único encuentro

Te acompaño, no, no te preocupes,
la puerta que se cierra.

  Pérsico, Marisa Martinez. He muerto... y he resucitado, Antología en homenage a León Felipe. Salamanca: EDIFSA, 2015, pp 119-120 ( Antólogo y coordinador: Alfredo Pérez Alencart).
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domingo, 3 de abril de 2016


             " Único encuentro "

                        I

Baja
de tu boca a mi pecho
hasta posar la trompa
abeja
en la región convexa
de néctar
que te atrajo.
Te escaparás, alada, cuando exhale
la última ronda de suspiros
que se extingue
en la cifra de tres horas.

Por mis piernas abiertas como un plato
quiero ver tu mandíbula de toro
pastar meticulosa
en el vaivén sin prisas del verano.

Entra en el ancla, barco en la bahía
último puerto que encalló en mi pampa.
Puerto apenas fundado
puerto en ruinas.

Fui la puta de un pueblo
donde la única puerta era la tuya.
Hice sonar la aldaba
vacilante
como quien se busca a sí misma:
la palabra secreta era mi sombra.
De par en par trepé las escaleras
sin treguas de café
por tu palacio.
Hoy que esa casa no existe
no sé cómo nombrarte
estoy en un exilio sin paredes
vegeto en los rincones oblicuos del deseo
haciendo agua en todas sus esquinas.

   Pérsico, Marisa Martínez. He muerto... y he resucitado, Antología en homenage a León Felipe. Salamanca: EDIFSA, 2015, pp 117-118 (Antólogo y coordinador: Alfredo Pérez Alencart).
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Nota - Marisa Martínez Pérsico nasceu em Buenos Aires em 1978, é Doutorada em Filologia Hispânica e tem lecionado, desde 2010, Língua e Literatura Hispânicas em diversas Universidades italianas. Publicou: "Las voces de las hojas" (1998), "Poética ambulante" (2003), "Los pliegos obtusos" (2004) e "La única puerta era la tuya" (2015), livro finalista do II Prémio Internacional de Poesia Pilar Fernández Labrador, publicou cinco monografias, coodirige a revista "Cuadernos del Hipogrifo" e tem publicados mais de sessenta artigos científicos sobre língua e literatura espanhola e hispanoamericana.
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quinta-feira, 31 de março de 2016


                 XXIX

Na catedral sentei-me e li, só,
Uma magra Revista e disse,

"Estas degustações nas abóbodas
Opõem o passado e o festival,

O que está para lá da catedral, lá fora,
Balança numa canção nupcial.

Assim é sentar e balançar coisas
De um lado para o outro até ao imóvel ponto,

De uma máscara dizer que se assemelha
De outra dizer que se assemelha

Saber que o balanço ao certo não cessa,
Que a máscara é estranha, apesar de se assemelhar."

As formas estão erradas e os sons são falsos.
Os sinos são o bramido de touros.

Porém o ilustre franciscano nunca foi
Ele mesmo senão neste fértil vitral.


   Stevens, Wallace. O Homem da Guitarra Azul & Outros Poemas. S/c.: Edições Guilhotina, 2015, p 43 ( tradução e apresentação de Luís Quintais).
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quarta-feira, 30 de março de 2016



                 XIX

Que eu possa reduzir o monstro
A mim mesmo, e que possa então ser eu mesmo

Face ao monstro, ser mais que parte
Dele, mais que o monstruoso intérprete de

Um dos seus monstruosos alaúdes, não
Estar só, mas reduzir o monstro e ser,

Duas coisas, as duas juntas numa só,
E tocar acerca do monstro e de mim mesmo,

Ou melhor não de todo de mim mesmo,
Mas do que seja a sua inteligência,

Sendo o leão no alaúde
Diante do leão agrilhoado na pedra.


   Stevens, Wallace. O Homem da Guitarra Azul & Outros Poemas. S/c.: Edições Guilhotina, 2015, p. 33 (tradução e apresentação de Luís Quintais).
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segunda-feira, 28 de março de 2016


 " O encontro falhado "


Percorreste labirintos
e sempre me encontraste.
Deambulaste por ruas sem saída,
por noites sem lua
e sempre me encontravas.
Agora estás tão perto, apenas uma
estação mais à frente.
Fazes-te perdido, distante.
Não queres já encontrar-me!
Apanharás o comboio quantas vezes
achares necessário,
mas ver-me-ás em todas as estações.


 Catalán, Jeannette Núñez. Sogno e poi sono/ Sueño, luego soy. Roma: Comisso Editore, 2014, p. 56 (tradução de Victor Oliveira Mateus).
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                          4/ 7.

Nem a demanda conseguirás que
se acabe, mesmo que a ti a fortuna se confie,
nem o estudo será para teu gáudio, ainda que dos sábios inspirado,
nem te assistirá o talento, nem o consolo abrandará o teu anseio,
nem que fosse o amor podias viver livremente.
E nem mesmo o profeta ditando os versos terá discípulos
se jamais concilia os escrivães com a sua mágoa,
nem o jovem será na graça favorecido, pois ela o trairá,
nem o rio que outrora baptizaste o lembrarás
se o não voltares, na névoa, a ver primeiro.

Onde vais então para que te siga piamente? Acaso
atalharemos o país de cerradas dunas como campas,
quando na distância os dois brilharmos, os dois
entre os solenes risos de guardar silêncio?
Longe do que pensaríamos algum dia consentido,
longe de nos encontrarmos sob a funesta sina,
do que irá passar-se brevemente o saberemos:
muitas vezes vimos quanto a beleza tarda,
mas só ela tolera dispormos do mundo fugazmente
e com essa cega mágoa ir mais além.


  Cóias, Rui. europa. Lisboa: Tinta-Da-China, 2015, p. 70.
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domingo, 27 de março de 2016


                   2/ 6.

Não é difícil um homem apaixonar-se,
ferir a sua paisagem,
cinzas de um passado caído, fluente.
Ao fim de vidas partilhadas pode ser que
diga "estremeci
durante anos sem te abraçar". Agora é tarde.
- Agora é tarde sobre a terra cercada.
Por planícies ficou o desespero,
a dor lilás dos homens soçobrados
na paciência nocturna.
Só depois do terror os cães ladram fielmente
aos portais da manhã, só
após o gume das vidas partilhadas.
"Passei a vida a fugir para a tua boca"
e confundo já o teu rosto
com um qualquer.


   Cóias, Rui. europa. Lisboa: Tinta-Da-China, 2015, p. 32.
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domingo, 20 de março de 2016



C'est le milieu du jour: pas encore la lampe
qu'on allume, les fenêtres embuées
de désirs où ruissellent nostalgies
regrets et rêves effrités.

Vois l'aube, réconciliée avec le jour
comme la flèche, avec sa cible.
Vois mon âme qui oscille, - chute et envol
noirceur et luminescence.

Qui suis-je? demandes-tu -
imparfaite créature parmi le périssable
ne connaissant du mystère que sa trace visible
doutant de Dieu, sachant Dieu
au bout de la descente.

De toute histoire, je viens: granit
lande, roue, océan
- ondes millénaires
qui vibrent en moi.

Et où vais-je donc
en cette vision brûlée du monde
où l'archer prépare sa dernière flèche?


  Dorion, Hélène. D'argile et de souffle (Poèmes choisis 1983 - 2000). Montréal: Éditions TYPO, 2002, p 257 (Choix et préface de Pierre Nepveu).
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sábado, 19 de março de 2016



Il n'y a pas de commencement.
L'amour, le silence, la lumière
sont là depuis toujours.

Le commencement est en nous
depuis toujours.


  Dorion, Hélène. D'argile et de souffle (Poèmes choisis 1983 - 2000). Montréal: Éditions TYPO, 2002, p 186 ( Choix et préface de Pierre Nepveu).
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quinta-feira, 17 de março de 2016



Quelq'un vient et repart, nous laisse avec ces
murs qui tiennent bon, ces chemins séparés
d'eux-mêmes, ces corps remplis de cellules inem-
ployées, de crevasses où disparaissent nos espoirs.
Quelqu'un vient, nous abandonne. Seule reste la
vie complice du jour et de la nuit, seul demeure ce
peu de paysage auquel nous sommes amarrés
comme à une voix qui fait battre le coeur.

Nous ne connaîtrons peut-être jamais ce qu'il y a
de plus secret dans une seconde qui blesse ou
guérit d'une autre seconde; peut-être ne saurons-
nous jamais aimer avec ces mains de fragiles
émotions qui nous élèvent et nous engloutissent,
peut-être vivrons-nous à jamais avec des lettres
inachevées, perdues, illisibles.


  Dorion, Hélène. D'argile et de souffle (Poèmes choisis 1983-2000). Montréal: Éditions TYPO, 2002, p 111 ( Choix et préface de Pierre Nepveu).
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terça-feira, 15 de março de 2016


Chora, chora tudo o que perdeste
E junta às lágrimas quanto te ficou
Por fazer. O teu lamento é coisa

Menor, como tu. Remete-te à solidão
Já que tanto te odeias, ó fraco. Foge
Ainda mais do que já fugiste, não

Mereces nada além da rouca voz
A sair-te por entre os dentes sem
Capacidade de morder. No raso

Da terra que te suja já nem as ervas
Secam. Extingue os olhos, chora,
Deixa-te sozinho aí num canto.


  Almeida, Rui. A solidão como um sentido, seguido de Desespero. Póvoa de Santa Iria: Lua de Marfim, 2016, 24.
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Lado a lado, a solidão
E a memória queimada
Da infância. Falhas
Na superfície lisa do tempo

Aceleram a rapidez
Da queda no abismo.
Lado a lado, a sombra
E a cor distorcida

De um mar demasiado
Longe, onde não
Se naufraga. A cor

Do céu ausente,
Feito da ilusão de tudo
O que é lembrado.

  Almeida, Rui. A solidão como um sentido, seguido de Desespero. Póvoa de Santa Iria: Lua de Marfim, 2016, p 11.
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domingo, 13 de março de 2016


No dia em que voltares ao cais
possam os rios correr para ti
e os barcos amanhecer no horizonte.
Canta a tua prece a Vénus
e diz-lhe, humildemente,
que as ondas não percam
o sal que te destinei
em oferenda.
Os búzios
entoam o bruar
e o bruar é a tua voz
ao longe.

No dia em que voltares ao cais
possam as águas perfumar-te de azul
e o meu amor por ti zarpar num vôo
de espuma e asa livre.
Que as moiras te concedam os dias
e que os dias te sejam limpos e
fiéis
é o meu desejo.

No dia em que voltares ao cais
possa eu esperar-te a praia inteira
o sorriso e a luz.
Se no cais não me encontrares
sabe que parti.
Pertenço agora ao vento
e à areia que te saúda
os pés.

   Pimenta, Samuel. Ágora. S/c.: Livros de Ontem, 2015, pp 54 - 55.
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          "  Ulisses  "

Esperar pelo regresso
saber que virás com a
visão
      viste o mundo abrir-se
de como aplicar o gesto
e banir o mal.

Esperar que regresses
que digas o teu nome
e decretes o fim do
exílio.







Pimenta, Samuel. Ágora. S/c.: Livros de Ontem, 2015, p 42.
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sábado, 12 de março de 2016



Mais uma vez as aves    companheiras
do meu silêncio    quando cerro os olhos
me dizem que    brilhante    o dia começou.

Montanhas e depois outras montanhas.
E céus azuis ou céus de tempestades.
E com limite o circular do sangue.

Cavos sons: os adufes
repercutem angústias?
Meigos aprazimentos?


 Salvado, António. Mais uma vez as aves. S/c.: Folio Exemplar, 2015, p 41.
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sexta-feira, 11 de março de 2016



As pontas dos meus dedos
percorrem a extensão
de lugares recônditos.

A peregrinação dos meus sentidos
levando-me aos confins da descoberta
perturba ainda mais este vazio.

Nas oliveiras     pássaros
gritam a primavera
à espera de se unirem.


   Salvado, António. Mais uma vez as aves. S/c.: Folio Exemplar, 2015, p 19.
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quinta-feira, 10 de março de 2016



      "  Sala provisória  "

Nunca se sabe
quando estamos num lugar
pela última vez. Numa casa
que vai ser demolida, numa sala
provisória que vai encerrar, num velho
café que mudará de ramo, como
página virada jamais reaberta, como
canção demasiado gasta, como
abraço tornado irrepetível, numa
porta a que não voltaremos.

  
   Lourenço, Inês. O segundo olhar, poemas escolhidos. Lajes do Pico: Companhia das Ilhas, 2015, p 169 ( selecção, organização e posfácio de José Manuel Teixeira da Silva).
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domingo, 6 de março de 2016


            "  Irmão siamês  "

Aquela alga gotejando como um folho húmido
experimento em volta do meu braço
como uma manga de túnica ou uma renda de baile,
estou sentada numa rocha com os pés na espuma
e gozo sozinha esta beleza ocasional
sem estar preocupada com o sentido estético
de algum afecto absorvente.

Este meu sentir a meias obsessivamente
tornou-me metade do corpo demasiado pesada
estou sozinha respirando sozinha
e sinto o Verão nesta solidão
( quem disse que a solidão é um ser de Inverno?)

Ó esta liberdade de não pensar o que o outro irá pensar,
esta limpidez de uma só garganta,
esta infância do olhar e da boca,
este estado divino de me bastar às minhas sensações!

Quem disse que os amores e as partilhas são o sal da vida
não esteve nesta rocha
não encontrou esta alga
nem descobriu esta praia.


   Lourenço, Inês. O segundo olhar, poemas escolhidos. Lajes do Pico: Companhia das Ilhas, 2015, p 51 (selecção, organização e posfácio de José Manuel Teixeira da Silva).
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sábado, 5 de março de 2016



Mergulha no céu estrelado
e traz a tua chama
- Dá-me a tua mão

Toma os meus olhos cintilantes
enquanto os espinhos do Sol
perfuram a pele do mar

Sou ar que te sorve
estrela tatuada na tua pele de bronze
- Agora toma a minha mão


     Silva-Terra, Manuel. Canto Chão. S/c.: Editora Licorne, 2015, p 33 (pinturas de Leonor Serpa Branco).
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Livre na minha teia de aranha
refresco-me na sua sombra
bebo-lhe o orvalho

Os homens levantam
as arcadas da Torre
selam-nas com sangue

O escuro bate às portas
o vento abre-as
os fantasmas fecham-nas


    Silva-Terra, Manuel. Canto Chão. S/c.: Editora Licorne, 2015, p 20 (pinturas de Leonor Serpa Branco).
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sexta-feira, 4 de março de 2016


        " El príncipe rana "


Conocedor del cuento
el rey besa a la rana
para romper el hechizo

pero en vez de noble muchacha
desembruja príncipe rosa

y vivem felices y comen perdices


   Laignelet, Sergio. Cuentos sin hadas/ Contes à l'envers (édition bilingue). Toulon: Éditions Villa-Cisneros, 2015, p 48.
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quinta-feira, 3 de março de 2016


                 " El patito feo "


El pequeño pato inclina la cabeza
sobre la superfície del lago
y se contempla

un eco de risotadas apresa su mente

pelidece
temblequea

cuenta hasta tres
y se zambulle hasta el fondo
con una piedra atada a su cuerpo


 Laignelet, Sergio. Cuentos sin hadas/ Contes à l'envers (édition blingue). Toulon: Éditions Villa-Cisneros, 2015, p 36.
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Nota -  Sergio Laignelet (Bogotá, 1969) é um poeta colombiano que reside em Madrid desde 2000. A sua poesia é fortemente marcada pelo humor negro e até por um certo cinismo. Publicou "Malas lenguas" (2005) e "Cuentos sin hadas" (2010 e 2015), como antologista organizou "Gatimonio: poemas de gatos de autores hispanoamericanos". Em "Contos sem fadas" Laignelet subverte alguns dos contos e das histórias da nossa infância, muitas vezes dando-lhes um final insólito e inesperado. Os seus poemas foram já publicados em Antologias de vários países da América do Sul e de Espanha.
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quarta-feira, 2 de março de 2016


                  " Dizer um nome "


Não direi o teu nome para
nós evidente pois estás no centro
da multidão que fomos quando a outros
disputámos o óxido do ouro

Não direi o teu nome como outrora pedi
que não dissesse o meu nome quem tinha
o poder de o dizer em pleno dia:
dizer um nome é sempre uma heresia


    Cruz, Gastão. Óxido. Porto: Assírio & Alvim, 2015, p 19.
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domingo, 28 de fevereiro de 2016


           "  Peregrinos  "


Toda essa gente dos transportes públicos
diariamente em trânsito parece
mover em sentido único um corpo que arrefece

Viste passar espectros vindos
do espelho informe em que também te vês
romeiros quem sois vós que destruís
a vossa imagem desistindo dela

Filhos fostes; trazidos na corrente
do fogo, regressais
ao presente e chamais-vos ninguém


   Cruz, Gastão. Óxido. Porto: Assírio & Alvim, 2015, p 10.
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quinta-feira, 25 de fevereiro de 2016


(...) a crítica não reduz o Outro ao Mesmo como a ontologia, mas põe em questão o exercício do Mesmo. Um pôr em questão do Mesmo - que não pode fazer-se na espontaneidade egoísta do Mesmo - é algo que se faz pelo Outro. Chama-se ética a esta impugnação da minha espontaneidade pela presença de Outrem. A estranheza de Outrem - a sua irredutibilidade a Mim, aos meus pensamentos e às minhas posses - realiza-se precisamente como um pôr em questão da minha espontaneidade, como ética. A metafísica, a transcendência, o acolhimento do Outro pelo Mesmo, de Outrem por Mim produz-se concretamente como a impugnação do Mesmo pelo Outro, isto é, como a ética que cumpre a essência crítica do saber. E tal como a crítica precede o dogmatismo, a metafísica precede a ontologia.
   A filosofia ocidental foi, nas maioria das vezes, uma ontologia: uma redução do Outro ao Mesmo, pela intervenção de um termo médio e neutro que assegura a inteligência do ser.
   O primado do Mesmo foi a lição de Sócrates: nada receber de Outrem a não ser o que já está em mim, como se, desde toda a eternidade, eu já possuísse o que vem de fora. Nada receber ou ser livre. A liberdade não se assemelha à caprichosa espontaneidade do livre arbítrio. O seu sentido último tem a ver com a permanência no Mesmo, que é Razão. O conhecimento é o desdobramento dessa identidade, é liberdade. O facto de a razão ser no fim de contas a manifestação de uma liberdade, neutralizando o outro e englobando-o, não pode surpreender, a partir do momento em que se disse que a razão soberana apenas se conhece a si própria, que nada mais a limita. A neutralização do Outro, que se torna tema ou objecto - que aparece, isto é, se coloca na claridade - é precisamente a sua redução ao Mesmo. Conhecer ontologicamente é surpreender no ente oposto aquilo por que ele não é este ente, este estranho, mas aquilo por que ele se trai de algum modo, se entrega, se abandona ao horizonte em que se perde e aparece, se capta, se torna conceito. Conhecer equivale a captar o ser a partir de nada ou reduzi-lo a nada, arrebatar-lhe a sua alteridade. Este resultado consegue-se desde o primeiro raio de luz. Esclarecer é retirar ao ser a sua resistência, porque a luz abre um horizonte e esvazia o espaço - entrega o ser a partir do nada. A mediação (característica da filosofia ocidental) só tem sentido se não se limitar a reduzir as distâncias.
   Pois, como é que intermediários reduziriam os intervalos entre termos infinitamente distantes? Não surgirão eles também como intransponíveis entre as balizas, até ao infinito? É necessário que em algum lado se dê uma grande "traição" para que um ser exterior e estranho se entregue a intermediários. No que se refere às coisas, verifica-se uma rendição na sua conceptualização. Quanto ao homem, tal capitulação pode obter-se pelo terror que põe um homem livre sob a dominação de um outro. No que concerne às coisas, a tarefa da ontologia consiste em captar o indivíduo (que é o único a existir) não na sua individualidade, mas na sua generalidade (a única de que há ciência). A relação com o Outro só aí se cumpre através de um terceiro, que encontro em mim. O ideal da verdade socrática assenta, portanto, na suficiência essencial do Mesmo, na sua identificação de ipseidade, no seu egoísmo. A filosofia é uma egologia.


  Levinas, Emmanuel. Totalidade e Infinito. Lisboa: Edições 70, 2000, pp 30 - 31.
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quinta-feira, 18 de fevereiro de 2016


(...)  il exprimait une conviction personnelle sincère que sa propre attitude allait illustrer. Toutefois, les deux hommes ne s'entendirent jamais: question de caractère et questions de principes. Pourtant, Levinas le caustique avait du répondant face à l'ironie de Scholem. Mais il était petit, l'autre grand. Il était de Kovne, um paria de l'empire, l«autre était de Berlin (...) Au-delà de ces incompatibilités de tempéraments, d'autres options les séparent, relatives à la comprehension du judaisme. Scholem avait fait très tôt le choix de l'immigration en Israel, alors que Levinas tenait et s'en tenait à la dispersion. Et, surtout, Scholem était l'historien de la mystique juive, du hassidisme et de la Kabbale envers lesquels Levinas ne se départit jamais de sa réserve lituanienne. A Jérusalem, Scholem tenait maison ouverte le samedi matin. De passage dans la ville, Levinas s'y rendit. Il ne connaissait personne. Scholem était occupé à séduire son monde. Levinas observa quelque temps, dans son coin, puis s'en fut.
     Les relations ne furent pas meilleures avec l'autre penseur israélien du siècle, Martin Buber. Levinas le "Litvak", élevé dans la tradition du Gaon de Vilna, ne pouvait partager la célébration bubérienne du hassidisme, son éloignement de la synagogue, sa façon de prôner la foi immédiate contre la Halakha, la ferveur contre le dogme. Les deux penseurs ne pouvaient même pas se rencontrer en terre philosophique, dans la contrée particulière du dialogue. Certes, dans un entretien aux Nouvelle Littéraires, en 1982, Levinas reconnait à Buber le mérite d'avoir défriché des choses dans la relation à autrui. Mais sans qu'ils s'entendent mieux pour autant, compte tenu de la diachronie chère à Levinas et fatale à l'auteur de Le Je et le Tu. (...) Brillant, menant une vaste vie sociale, ayant son mot à dire sur tout, libéral peu observant, Martin Buber en tant qu'homme n'avait pas grand-chose à voir avec Levinas...


  Lescourret, Marie-Anne. Emmanuel Levinas. Paris: Flammarion, 1994, pp 333 - 334.
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terça-feira, 16 de fevereiro de 2016


     Dans cet Essai sur l'extériorité, Levinas va entreprendre de briser le cercle da la totalité, la domination de la tautologie qui, à ses yeux, paralysent la philosophie occidentale et, lui fermant l'accès à l'autre, en font une tradition du totalitarisme. En gros, sa bête noire, c'est Hegel, philosophe d'un État fort, modèle des États fascisants, et du dernier Reich allemand. Et, dans la préface à l'édition allemande du livre, il rend hommage aux philosophes qui lui ont fourni les instruments de cette délivrance: Martin Buber, philosophe du dialogue; Gabriel Marcel (...); Bergson (...) et Franz Rosenzweig (...).
   Levinas y reproduit une partie des raison qui ont motivé son enthousiasme pour la phénoménologie, notamment son abandon d'une forme de raisonnement physico-mathématique, de rationalisme englobant tel qu'il avait dominé jusqu'alors la philosophie et surtout la philosophie française et sorbonnarde, sous l'impérium de Léon Brunschvicg (...).
     Levinas cite ces penseurs, mais il ne fournira pas d'application terme à terme de leurs retrouvailles: il les traite de la même manière que les aures figures de l'histoire de la philosophie, comme des références, en l'occurrence des points de départ, fournissant une analyse approfondie de leur thématique seulement lorsqu'elle sert à tirer au clair son propos personnel.
(...) Si la tentation de tout ramener au même, selon la suprématie de l'être, aboutit à la violence des philosophies totaliaristes hégélienne ou heideggérienne, la philosophie de l'altérité que Levinas entreprend de dessiner ne pourra conduire, paradoxalement (l'altérité n'étant pas antagonisme mais réponse), qu'à la paix (...) Ainsi se trouvent réunies dans un seul ouvrage toutes les problématiques soulevées dans ses écrits antérieurs: l'adoption de la méthode phénoménologique, la contestation du primat de l'ontologie et du parallélisme noése-noématique, la rupture avec les philosophies de l'identité au profit d'une philosophie de l'altérité, sans oublier sa toute première interrogation, l'inquiétude juvénile issue des romans russes, sur le sens de la vie.
(...) Le problème de Levinas est de définir et de décrire une extériorité positive, absolue, qui ne soit pas que l'envers dialectique de l'intériorité, et cela afin de sortir de la dialectique de même et de l'autre que maintient toute métaphysique dans l'ornière de l'unité et de l'identité, de la puissance, donc de la guerre et de la violence. Il y parvient grâce à la phénoménologie et la possibilité qu'elle offre de penser positivement l'absence, donc, en l'occurrence, l'excès de idée sur l' ideatum, une absence, un excès, un au-delà positifs qu'il va illustrer par le langage et, plus exactement par le dialogue dont il soutien qu'il ne peut avoir lieu que dans le cadre d'une diachronie qui suscite à jamais la parole de l'un à l'autre en raison de leur séparation dans le temps, qui rend l'autre inaccessible à l'un, et ce dernier en conséquence toujours parlant à l'autre...


  Lescourret, Marie-Anne. Emmanuel Levinas. Paris; Flammarion, 1994, pp 212 - 214.
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